24 janv. 2014

L’armée malienne une force en reconstruction ?



 La commémoration du  53ème anniversaire de la création de l’Armée malienne s'est déroulée le long du boulevard de l’Indépendance à Bamako. Comme l'indiquait le président dans son discours à l'armée, « Le 20 janvier 1961, devant le corps diplomatique convoqué à l’occasion, Modibo Kéita annonçait la création de l’armée malienne dont l’acte de naissance avait été signé le 1er octobre 1960, huit jours après la proclamation de l’indépendance du Mali ».

Depuis cette date, l’armée malienne a connu bien des hauts et des bas. Cette année, l’anniversaire  revêtait une dimension particulière en raison des évènements de début 2013. Il a été fêté en grande pompe comme pour marquer le début d’une nouvelle ère. Officiellement, la commémoration du  53e anniversaire était placée sous le signe de la force et  de la cohésion retrouvée

Le chef de l’Etat a été accueilli par le Premier ministre Oumar Tatam Ly, le ministre de la Défense et des Anciens combattants Soumeylou Boubèye Maïga et le chef d’Etat-major général des armées, le général Mahamane Touré. Le ministre français de la Défense Jean Yves Le Drian a assisté au défilé militaire.

Le défilé militaire était ouvert par  le colonel Harouna Samaké,  commandant de la 3ème région militaire 3. Cet officier, diplômé de l’Académie militaire de l'État-major des forces armées russes, semble selon la presse malienne recueillir le satisfecit  de ses camarades et semble être un officier emblématique de l’armée nouvelle.


Le défilé comprenait plus de  4000 hommes, dont des détachements de la Force Serval, de la MINUSMA et  d’EUTM. Quatre sections  EUTM, composées de militaires espagnols, français, allemands et belges et une délégation de l’état-major multinational du camp d’entrainement de Koulikoro ont défilé aux côtés des forces internationales présentes au Mali (Serval et MINUSMA) et de 3000 soldats maliens.
 
Côté malien, l’école militaire interarmes de Koulikoro, l’école des sous-officiers de Banankoro, les corps habillés (SNJ, des Eaux et forêts, de l’Administration pénitentiaire et Douanes) ont participé à la cérémonie. Ils ont été suivis par  les pompiers, la police nationale, la gendarmerie, les directions des sports militaires et des services de santé des armées, les transmissions et télécommunications des armées, le génie, la garde nationale et l’armée de l’air. L’armée de terre clôturait le défilé avec entre autre, le 33ème régiment des commandos parachutistes (Djicoroni para).
Comme le journaliste Bertin DAKOUO l’indique, l'ensemble du personnel a été équipé de neuf pour la cérémonie pour un montant estimé à deux milliards F CFA.


Seul point d’achoppement à l’euphorie ambiante ;  la signature de l’accord de défense franco-malien a été reportée à une date ultérieure.
Comme le président la déclaré dans son discours : Les accords de coopération militaire, en discussion ou à venir, ne tiendront compte que de l’intérêt du Mali, de tous les intérêts du Mali et des Maliens, tout en renforçant nos capacités et celles de nos partenaires à faire face à l’insécurité structurelle de l’espace sahélo-saharien.  Le Mali n’exclut pas  de nouer des accords avec d’autres pays que le France.

La refondation de l’armée malienne
Comme l'indiquait aussi  le président dans son discours : « les causes de la défaite de  2012 doivent être tirées. Le passif est tragique qui requiert une sincère introspection, un audit profond de ce naufrage national ; avec un seul objectif : que la vérité soit sue sur les causes de notre déshonneur. »

« Le travail de reconstruction avance : Il sera accéléré et mené à son terme de même qu’une action de relecture visant :

- l’amendement du corpus doctrinal,
- la réorganisation opérationnelle et territoriale des forces sous-tendue par une formation de qualité,
- l’instruction, la préparation opérationnelle des forces. »

Le bilan d’ EUTM Mali
Le site du ministère de la défense français rappelle qu'EUTM Mali repose sur deux piliers : une mission de formation des unités combattantes des forces armées maliennes sur le camp d’entraînement de Koulikoro et une mission d’expertise et de conseil assurée par le détachement de liaison et d’expertise (ALTF), destiné à appuyer la réorganisation de l’armée malienne.
Trois GTIA de l’armée malienne ont été formés par la mission européenne commandée par un général français. Il s’agit  en premier lieu des GTIA Waraba et Elou, dont les formations se sont achevées en juin et septembre 2013. Le bataillon  Waraba est  déployé depuis juillet 2013 à Tessalit.
Le GTIA  Elou  « les éléphants » en langue tamashek  a effectué une formation d’une durée de 10 semaines  qui s’est achevée par un  exercice de synthèse conduit du 10 au 12 septembre 2013. Ce bataillon constitué de 700 soldats est articulé en trois compagnies d’infanterie, renforcées d’unités d’appui spécialisées (un escadron blindé, une batterie d’artillerie, une compagnie logistique, une section génie).Les EFS de Dakar ont participé à la formation de pilotes maliens qui conduiront les VLRA.
La formation du 3ème  GTIA baptisé « Sigu » (« les buffles » en langue bambara) a débuté  le 7 octobre 2013 pour s’achever Le 7 décembre 2013. Depuis le 16 décembre 2013, une trentaine de commandants d’unité et chefs de section du 4ème  GTIA ont entamé un stage de formation préliminaire au camp d’entraînement de Koulikoro.
Il est encore trop tôt pour savoir si l’armée retrouvera son statut au sein de la société malienne.  Son efficacité militaire restez encore faible et il faudra encore plusieurs années pour constituer une force apte à assurer la protection des territoires du  septentrion.

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